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Les Primula sieboldii

La Primula sieboldii nous vient d’extrême-orient

La primevère Sieboldii doit son nom à un certain von Siebold qui introduisit cette plante en Angleterre au 19ème siècle. Mais, en toute honnêteté, elle devrait avoir un nom japonais, car c’est en extrême-orient qu’elle a connu ses premières heures de gloire, bien avant l’interminable règne de Victoria.

Dans la nature, elles se retrouve de la Sibérie jusqu’au nord du Japon, soit une répartition de plus de 1 600 kilomètres, au nord-est de l’Asie. Imaginez la même chose en Europe : c’est impossible. On la reconnaît à ses feuilles lobées, vert tendre et poilues sur les deux faces. On la distingue de la Primula cortusoides (dont elle partage la section des Cortusoides) par son oeil toujours blanc et non jaune. Dans la nature, la fleur peut varier entre le blanc, le rose, le magenta et le violet. De part sa répartition géographique, on déduit qu’elle apprécie les sols humides éventuellement tourbeux.

Elle étend son plant par stolons, rapidement dès lors qu’elle est dans de bonnes conditions. Mais, il suffit d’une sécheresse et le plant entrera en dormance. D’ailleurs, la littérature la décrit comme une plante de printemps qui perd son feuillage de la fin-juillet jusqu’à la mi-mai de l’année suivante. Au Québec, pourtant, dans mon jardin, à la mi-ombre, dans un sol humifère et toujours humide, elle n’est en dormance que… sous la neige, ce qui représente, tout de même plusieurs mois.

Ma première P. sieboldii

Ma passion pour les Sieboldii a commencé lors d’un échange de plantes en juin 2013. Et si je ne me rappelle plus les plantes que j’avais apportées, j’ai un très bon souvenir d’une magnifique primevère que j’ai choisie : sur l’étiquette, il y avait « Primula sieblodii hybride ». Un vrai bijou, sans nom de cultivar. Elle est du type « ronde », donc différente du cultivar le plus répandu ‘Snowflake’. J’espère, un jour, en faire une meilleure photo, elle le mérite vraiment, mais /$%&&%$ » que ce blanc est peu photogénique.

Primula sieboldii blanche ronde (19/06/2016)
Primula sieboldii blanche ronde (19/06/2016)

Il y a près de 5 ans de cela et je suis resté en amour avec cette plante si généreuse. Sa floraison dure longtemps, mais en plus elle s’étale généreusement ce qui fait que j’ai pu en offrir à plusieurs amies sans que le plant soit le moins du monde outragé. Un petit coup de petite pelle sur le côté, hop en pot, on rebouche le trou et il n’y paraît plus 3 semaines plus tard. Elle fleurit généreusement et plus tardivement que les primevères polyanthus. C’est donc un plus pour allonger la période de floraison de nos primevères.

Les semis

La division est aisée, mais on ne peut pas dire la même chose des semis. Je ne le conseille qu’aux plus passionnés, car le semis pousse tellement lentement qu’il tombe en dormance dès que votre pot a un peu chaud. Certes, les plantules ne sont pas mortes, mais plus rien de vivant n’apparaît au-dessus du sol. On croit tout mort, mais, en fait, on a bel et bien une petite rosette de racines, surmontées d’un œil : il suffit de gratter un peu pour s’en rendre compte. Mais, cela signifie qu’il faudra attendre 6 mois de plus avant de voir un feuillage réapparaître.

Et comme si la frustration d’une croissance lente n’était pas suffisante, il y a une grande variabilité parmi les semis effectués. Donc, au sein d’une dizaine de plantules, il n’y en aura que 2 ou 3 qui auront une floraison distinctive. Le reste sera plaisant mais ne vous pâmera pas.

Bien sûr, il ne faut pas acheter des semences non sélectionnées, la meilleure source reste Barnhaven qui effectue une pollinisation à la main et donne dès le départ de meilleures chances d’obtenir des plantes hors du commun.

Rondes ou dentelées ?

La principale variable des Sieboldii est la couleur, bien sûr : du blanc pur aux roses pastel ou franc, mais aussi allant vers le violet, le mauve ou le presque bleu. Ces couleurs sont unies ou s’allient au blanc. Elles arborent parfois même, un revers de pétale plus soutenu que l’envers. Rien que par la couleur, ce sont déjà des bijoux.

Mais, elles se distinguent également les unes des autres par la forme de la fleur qui va du rond, les pétales étant peu découpés, à des formes très échancrées rappelant un flocon de neige stylisé.

Les japonais ont toujours été les grands spécialistes de l’espèce. Pour cette raison, il vous faudra nommer votre préférée d’un nom japonisant qu’il ne vaudra peut-être mieux ne pas traduire pour ne pas regretter d’avoir payé 30$ pour une plante qui s’appelle « Il a une petite taille »  ou « Fumée de sumo ».

Cependant les variétés les plus répandues ont des noms plus accessibles comme la blanche ‘Snowflake’ ou la rose ‘Geisha Girl’.

Primula sieboldii (Rose dentelé – Semis Nov 2016)

Les soins

Ce sont vraiment des primevères faciles, dès lors que vous leur apportez une humidité permanente mais non excessive. Elles aiment donc un sol humifère et un paillis épais permettra de garder l’humidité qu’elles revendiquent. Au pire, si le sol sèche trop, elle entrera en dormance, mais vous reviendra fidèlement au printemps suivant. Mais, ce n’est pas l’idéal si vous souhaitez une longue floraison et la voir s’étendre.

Où les trouver ?

Malheureusement, on ne les trouve pas beaucoup en jardineries. Si vous la demandez, on risque de vous regarder bizarrement, surtout si vous cherchez une « fumée de sumo de petite taille ». Rappelons-le, la libéralisation du cannabis ne veut pas dire qu’on peut en mettre en plate-bande !

Cependant, avec plusieurs amis et filles, on a fait une importation de magnifiques Sieboldii de Barnhaven l’été dernier. Donc, courez les échanges, apportez vos plantes introuvables, on va s’organiser!

En attendant, je vous partage visuellement les miennes sur ce site, ici-même.

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Plantation et Soins des Primevères

Le sol idéal pour les primevères

Toutes les primevères poussent mieux dans un sol neutre/légèrement acide. Elles aiment une position à mi-ombre avec de grandes quantités de matières organiques (compost, feuilles déchiquetées). Elles peuvent supporter un sol alcalin et pauvre comme les plantes annuelles, si vous les faites pousser partiellement à l’ombre et incorporez le plus d’humus possible, – mais elles ne pousseront pas aussi bien et ne formeront pas de grosses touffes. Plantez-les dans un sol enrichi en compost et arrosez les premières semaines si le feuillage semble se ramollir. Une fois installées, elles seront sans troubles.

La culture des Primevères (Polyanthus…)

Les primevères sont des vivaces très résistantes et supportent de nombreuses conditions, mais les plantes sauvages dont elles sont issues proviennent des sous bois et donc les fleurs seront les plus épanouies dans un sol riche en humus et bien drainé, Il ne doit jamais s’assécher totalement, sans être détrempé. Le lieu idéal serait sur une pente aux pieds des arbres feuillus ou dans un endroit faisant face au nord-est. Le plein soleil sur un feuillage gelé, un emplacement inondé en hiver trop longtemps, les conditions gel/dégel alternés, ou des conditions chaudes et sèches en été sera généralement fatal.

Une bonne couche de neige en hiver est la meilleure protection. Diviser les plantes tous les 2 à 3 ans peut aider aussi et c’est une obligation pour les doubles. Pour obtenir les meilleurs résultats, nourrissez les plants avec une solution faible d’engrais de tomate tous les 15 jours du moment où les bourgeons commencent à se former jusqu’à l’ouverture des premières fleurs. Un engrais de « remerciement » lorsque la floraison est terminée est recommandé, mais ne le faites pas trop tard dans la saison et n’utilisez pas un engrais riche en azote. Les engrais de fumier de poule (Actisol) sont les plus adaptés et ne brûleront pas votre plant.

Auricules de jardin (Auricula Border ou Alpines)

Les auricules de jardin sont faciles, vivaces et très rustiques. Les faire pousser en pleine terre, avec, si possible, de l’ombre au moment le plus chaud de la journée. En pots ou en terre, ajouter de l’humus et du gravier fin ou du sable afin de conserver un bon drainage de l’eau. En automne, une poignée de gravier autour de chaque plante aidera à les protéger contre la pourriture. Tous les deux ou trois ans ou au moment ou la ‘carotte’ des racines devient visible, il est conseillé de les déplanter, les diviser et les replanter avec le cœur de la plante au ras du sol.

Note :

Ces plantes, pour la plupart, sont issues de semences européennes sélectionnées (Barnhaven, Jelitto). Elles sont garanties résister à nos hivers québécois (jusqu’en zone 3). Étant hybrides, il se peut que vous obteniez des fleurs légèrement différentes du cultivar, mais elles seront toujours jolies.
Lorsqu’elles sont issues de divisions, cela est précisé. 

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4/4 Les primevères d’été

Lorsque les P. polyanthus terminent leur floraison, c’est le début pour les primevères qui nous viennent d’Asie ou des Alpes. On les surnomme souvent primevères candélabres car leur floraison s’étage sur plusieurs niveaux, parfois jusqu’à 5. Un véritable feu d’artifice. Que ce soit, la Primula pulverulenta

Primula pulverulenta (15/06/2017)

La primula alpicola alba toute en délicatesse

Primula alpicola alba (29/06/2017)

ou mauve

Primula alpicola (29/06/2017)

Fin juin, explosent aussi les P. beesiana alba

Primula beesiana alba (30/06/2017)

ou fuchsia

Primula beesiana « fuschia » (15/06/2016)

Les Primula florindae émerveillent aussi notre regard avec leurs hampes florales si hautes, la plus grande des primevères

Primula florindae (30/06/2017)

Et l’été se termine avec le commencement de la floraison de la Primula glomerata, qui ne cessera de fleurir qu’avec la première neige. Son allure globulaire n’est pas sans rappeler la boule de la première primevère printanière, la P. denticulata.

Primula glomerata (26/08/2016)

La boucle est bouclée, il est temps de commencer à regarder les catalogues de graines… de primevères pour préparer la prochaine saison.

Dernière minute :
Malgré tous nos efforts, les P. très respectueuses que sont les auricula et les sieboldii, ont refusé de partager leur vécu avec les pauvresses de cette série d’articles (c’est le terme utilisé dans leur communiqué). Il a été convenu qu’un prochain numéro fera toute la lumière sur ces illuminées.

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3/4 Quelques primevères pour sortir du rang

Mais voilà, on digresse, on s’épivarde, on ne sait plus où poser l’œil, et on en oublie, la première des primevères, celle qui éblouit alors que les crocus commencent à peine à faner, la délicieuse Primula denticulata, sa floraison sphérique est féerique, en blanc, rose ou violacée,

Primula denticulata ‘Blue Selection’ (16/05/2016)
Primula denticula ‘Ruby’ (17/05/2015)
Primula denticulata var. alba (09/05/2017)

Et, revenons aux polyanthus, s’il faut en finir, ce sera avec celle qui m’a fait devenir complètement accro, P. ‘Green Lace’. On aime sa fleur verte ou pas. Si on aime, on est chanceux, car elle est une des primevères les plus florifères.

Primula ‘Green Lace’ (18/06/2015)

Parmi les jolis coucous, il y a P. urumiensis

Primula urumiensis (31/05/2015)

Et les rares canadiennes, P. laurentiana  ou P. mistassinica  pour votre jardin alpin, tellement délicates.

Primula laurentiana (31/05/2015)

Primula mistassinica (21/05/2015)

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2/4 Mon Top 5 (et demi et quelques) des Primevères polyanthus

Bien avant, nos ancêtres, ou du moins leurs contemporains anglais, savaient déjà que les différents types de primevères pouvaient s’hybrider sans trop de difficultés. Tellement qu’ils ont réussi à créer une nouvelle « espèce », la primevère polyantha, un mélange de plusieurs espèces européennes qui donna une fleur plus grosse et surtout déclinée en de multiples couleurs.

Il est tellement difficile de choisir parmi les P. polyanthus simples, alors, parmi les dizaines dignes d’intérêt, voici mon Top 5 (et six) :

  • #1 P. polyanthus ‘Paris’90’, parce qu’un vrai bleu clair est rare. Attention, en semis, peu de rejetons sont aussi beaux que le standard. Les âmes sensibles devront faire une stricte sélection.

    Primula polyanthus ‘Barnhaven Paris ’90’ (19/05/2017)
  • #1 bis P. polyanthus ‘Striped Victorians’ aussi délicate que Paris ’90, mais les rayures sont décadentes, n’est-il pas?
    Primula polyanthus ‘Striped Victorians’ (25/05/2017)

    Primula polyanthus ‘Striped Victorians’ (25/05/2017)
  • #2 P. polyanthus ‘Silver Laced’, parce que, malgré sa petite dimension, elle est une explosion de joie. On lui fera un écrin avec des grosses jaunes comme les ‘Crescendo Golden’ pour la mettre en valeur.

    Primula polyanthus ‘Silver Laced’ (27/05/2017)
  • #3 P. polyanthus ‘Venetian Cowichan’. Pourquoi choisir la ‘Venetian’, plutôt que la ‘Blue’ ou la ‘Yellow’? Toute la série des Cowichans mérite sa place dans votre jardin. Des tons chaleureux et non agressifs, une forme ronde unique et un œil qui vous fera fondre.

    Primula polyanthus ‘Venetian Cowichan’ (04/06/2015)
  • #4 P. polyanthus ‘Gilded Ginger’. Une floraison tellement généreuse dans des tons d’or et de feu. Une indispensable!

    Primula polyanthus ‘Gilded Ginger’ (21/05/2015)
  • #5 P. polyanthus ‘Marine Blues’ pour finir en bleu, la plus jolie des couleurs florales.

    Primula polyanthus ‘Marine blues’ (17/05/2015)

Et l’humain (moi) a su sélectionner de magnifiques polyanthus doubles, en voici quelques unes :

  • Double beurre

    Primula ‘Double Beurre’ (28/06/2016)
  • Double bleue

    Primula polyanthus ‘Double Bleue’ (09/05/2017)
  • Double citron

    Primula polyanthus ‘Double Citron’ (19/05/2017)

À noter que, génétiquement parlant, les P. polyanthus offrent une grande variabilité que le semeur doit accepter. Si l’hybrideur/semencier sérieux vend des graines de plants pollinisés à la main (Barnhaven.com, Jelitto.com), il n’en reste pas moins que les semis offriront une certaine variabilité. Les plants offriront un éventail de coloris représentatifs d’une certaine « Forme » ou « Groupe ». Il faudra donc, éventuellement, effectuer une sélection parmi les semis lors de la première floraison. Pire, lorsqu’il s’agit de semis ‘double’, seulement 25% des semis auront le caractère double. Qui plus est, il faut parfois attendre la 2ème floraison pour être certain du caractère ou des couleurs.

Le métier, bénévole ou non, de semeur de primulas demande beaucoup de patience.

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1/4 Primevères et madeleines !

Longtemps, j’ai cru que le jardin d’ombre (ou plutôt de mi-ombre) était un jardin peu fleuri. Il fallait s’y contenter des crocus printaniers, puis, plus tard, des hampes d’hostas (que certains aiment tellement… qu’ils les mettent au compost. Ceci dans le meilleur des cas). Les heuchères ou les astilbes aussi nous font de petites explosions roses ou blanches, bref, rien pour pâmer la jardinière. Bien sûr, j’exagère, il y a quelques beautés (Cimicifuga, Corydalis…).

Il faut savoir aussi que, fraîchement immigré de France, un « ami » agronome québécois m’avait dit que, dans notre coin perdu de Lanaudière, aucune fleur ne survivait, sauf les Pieds-d’alouette, les Pivoines aussi, ouf !!! Pourtant, un jour, parce que je suis nostalgique, et que je fonds dès qu’on me parle de madeleines et de joies enfantines, j’ai eu envie de primevères au jardin. Ma visite aux Jardins de Métis peu avant n’est pas étrangère non plus à ce début de folie.

Le genre Primula recouvre plus de 400 espèces, mais de ma jeunesse, je retiens la Primula acaulis (ou vulgaris) une fleur jaune-beurre, simple, au bout d’une tige. La seule primevère digne de ce nom pour ma mère, la primevère des talus normands, amoureuse des sols acides. Un ton tellement particulier, qui évoque la fragilité printanière.

Primula ‘Traditional Yellows’ (20/05/2016)

Il y a aussi le coucou de mon adolescence poitevine (Primula veris), au jaune plus soutenu de bouton d’or. Plus florifère mais moins romantique aussi, il préfère les talus plus alcalin. Du coucou, on appréciera les descendants aux tons flamboyants P. ‘Coronation Cowslips’ ou le fabuleux P. veris Hose in Hose ‘Lord Alfred’.

 

Primula veris Hose in Hose ‘Lord Alfred’ (25/05/2017)

Bien avant, nos ancêtres, ou du moins leurs contemporains anglais, savaient déjà que les différents types de primevères pouvaient s’hybrider sans trop de difficultés. Tellement qu’ils ont réussi à créer une nouvelle « espèce », la primevère polyantha, un mélange de plusieurs espèces européennes qui donna une fleur plus grosse et surtout déclinée en de multiples couleurs.

 

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